Cette région va subir une autre vague de chaleur potentiellement mortelle
Une nouvelle vague de chaleur va s'abattre sur l'Europe, avec des températures suffocantes et peu de répit en vue. Cette fois, ce n'est pas seulement l'intensité qui retient l'attention, mais aussi la durée.
En bref :
Une chaleur suffocante va s’installer notamment en France et en Espagne pour plus d’une semaine;
À Paris, le mercure pourrait dépasser 35 °C durant plusieurs jours;
En Espagne, les températures pourraient atteindre 40 °C;
L'absence fréquente de climatisation en Europe va accentuer les risques pour les populations vulnérables.
Chaleur étouffante
Une nouvelle vague de forte chaleur va s'installer sur une grande partie de l'Europe à partir de la fin de la semaine, dans un contexte déjà marqué par un autre épisode intense et précoce depuis le printemps. Les températures vont grimper bien au-delà des normales saisonnières dans de nombreux pays. L'Espagne et la France vont se retrouver d'abord au cœur de cette poussée d'air chaud, mais ses effets vont aussi se faire sentir en Italie et des Balkans jusqu’à l’Allemagne. Ce qui inquiète le plus, c’est que cet épisode ne devrait pas se limiter à quelques journées isolées. La chaleur étouffante va s'imposer pendant une période prolongée, possiblement jusqu'à la fin de la semaine prochaine dans certains secteurs.

37° à Paris
À Paris, les températures maximales pourraient facilement dépasser 30 °C durant une dizaine de jours, une séquence remarquable aussi tôt dans l’été. Le pic de chaleur est attendu vers la fin de la semaine, avec des températures qui pourraient atteindre 37°C dans la capitale française. De tels niveaux se situent à près de 15 degrés au-dessus des normales de la mi-juin, un écart qui illustre bien l'intensité de l'épisode.

Déjà une deuxième bague
Dès la fin du mois dernier, une première vague de chaleur exceptionnelle avait déjà touché une partie de l'Europe de l'Ouest. Le Royaume-Uni avait alors enregistré sa journée de mai la plus chaude jamais observée, avec 35,1 °C mesurés le 26 mai à Kew Gardens, à Londres. Le lendemain, le Portugal avait aussi battu un record national mensuel avec 40,3°C relevés à Mora. Ces épisodes successifs montrent à quel point la chaleur intense s'invite tôt cette année sur le continent. Lors de la vague de chaleur à venir, le Royaume-Uni ne sera pas dans la zone la plus affectée, mais le mercure devrait dépasser le cap des 30 °C cette semaine, notamment à Londres.

Un tueur silencieux
En Europe, les vagues de chaleur comptent parmi les phénomènes météorologiques les plus meurtriers. Contrairement à des événements plus spectaculaires comme les orages violents ou les inondations, la chaleur extrême agit souvent de façon plus silencieuse, mais ses conséquences peuvent être tout aussi graves, car elles touchent davantage de gens. Le danger augmente surtout lorsque la chaleur dure plusieurs jours sans véritable répit, particulièrement la nuit. Le corps récupère alors mal, et les risques grimpent pour les personnes âgées, les jeunes enfants, les personnes malades, les travailleurs extérieurs et tous ceux qui vivent dans des logements mal ventilés.
Pourquoi est-ce un risque pour la population?
Cette vulnérabilité est encore plus grande en Europe, où la climatisation demeure beaucoup moins répandue qu'en Amérique du Nord. Alors qu'environ 68 % des logements au Canada sont équipés d'un système de climatisation et qu'aux États-Unis, la proportion atteint 90 %, les taux restent bien plus faibles dans la plupart des pays européens. En France, on estime que la climatisation est présente dans environ un quart des logements, tandis qu'en Espagne, où les fortes chaleurs sont pourtant fréquentes, seulement 40 % des habitations peuvent compter sur un climatiseur. Au Royaume-Uni, environ 5 % des résidences sont climatisées.

Quel est le facteur le plus aggravant?
Concrètement, cela veut dire que pour une grande partie de la population, traverser une vague de chaleur repose surtout sur des moyens limités comme fermer les volets, aérer tôt le matin, éviter les déplacements aux heures les plus chaudes, chercher de l'ombre ou se réfugier dans des lieux publics plus frais. Quand la chaleur s'installe plusieurs jours d'affilée, ces gestes peuvent ne plus suffire, surtout dans les grands centres urbains où les bâtiments, l'asphalte et le manque de végétation accentuent la sensation d'étouffement.
Certaines mesures
Au-delà de l'inconfort, cette vague de chaleur risque aussi de perturber le quotidien de plusieurs façons. Les réseaux de santé pourraient subir une pression accrue en raison des malaises liés à la déshydratation, aux coups de chaleur et à l'aggravation de certaines maladies chroniques. Les transports, le travail extérieur et même les activités touristiques pourraient aussi être affectés dans les régions les plus exposées. Dans plusieurs villes, les autorités pourraient multiplier les messages de prudence, prolonger l'accès à des lieux climatisés ou adapter certains services pour protéger les personnes les plus vulnérables.
Est-ce un avant-goût de l'été?
Ce qui retient aussi l'attention, c'est que cette vague de chaleur frappe alors que l'été n'en est qu'à ses débuts, et que plusieurs pays ont déjà connu des températures dignes du cœur de la saison. Cette répétition d'épisodes précoces nourrit les inquiétudes, d'autant plus que les longues vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus durables et plus intenses sur le continent. L'Europe se prépare donc à traverser un nouvel épisode éprouvant, avec deux questions simples mais lourdes en toile de fond: combien de temps cette chaleur va-t-elle tenir, et ces vagues ne sont-elles que des avant-goûts d’un été accablant?
Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.
